Quand l'IndyCar attirait des champions du monde...
 

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Quand l'IndyCar attirait des champions du monde...

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© IndyCar Series
© IndyCar Series
Le test de Rubens Barrichello a Sebring dans quelques jours nous fait donc penser que le Brésilien a choisi l'IZOD IndyCar Series pour prolonger sa carrière de pilote, comme bien d'autres anciennes gloires de la Formule 1. Retour sur ses secondes carrières.

Ces dernières années, le championnat de DTM a été qualifié par certains "d'hospice de la F1" avec l'arrivée de Mika Hakkinen et Jean Alesi entre autres. Mais une discipline attire depuis bien longtemps les anciennes gloires de la Formule 1, c'est l'IndyCar.

Si dans les années 50 les 500 miles d'Indianapolis figuraient au calendrier du championnat du monde de Formule 1, il faut attendre les années 60 pour voir les vraies stars du championnat s'essayer à la course mythique. Les premiers essais de Jim Clark et Jack Brabham furent sans succès mais en 1965, l'Ecossais s'impose en dominant nettement l'épreuve.

Et en 1966, la domination est écrasante puisque Jackie Stewart domine la course avant de tomber en panne à 10 tours de la fin, laissant le commandement de l'épreuve à Graham Hill, qui s'impose devant Jim Clark. La présence européenne au Speedway a également contribué à l'arrivée des moteurs arrières en IndyCar.

Voilà pour les débuts, mais c'est véritablement dans les années 80 que l'on assiste à l'exil des pilotes de Formule 1 vers les Etats-Unis pour insuffler un second souffle à leur carrière. L'un des pionniers fut Roberto Guerrero. Après la saison 1983, il est définitivement parti aux Etats-Unis, et avec succès, remportant plusieurs courses sur le championnat.

Mais malheureusement, les 500 miles d'Indianapolis ont rarement souri à Roberto. En 1987, il mène avec un tour d'avance, quand il doit passer par les stands à 18 tours de la fin. En proie à des problèmes d'embrayage, il cale en repartant de son arrêt, et Al Unser Jr. s'en va remporter la course.

En 1992, on Guerrero réussit la pole position. Le jour de la course, il fait extrêmement froid, et les pneus ont du mal à monter en température. Lors du deuxième des 4 tours de chauffe, la voiture de Guerrero glisse soudainement vers l'intérieur de la piste dans la ligne droite arrière et percute le mur, course terminée pour le poleman avant même de la démarrer. Roberto Guerrero a terminé sa carrière en 2001, après une dernière tentative de se qualifier à l'Indy 500.

Mis-à-part des pilotes aux performances relativement modestes en Formule 1, l'IndyCar a également attiré des stars du championnat du monde, à commencer par le double champion du monde Emerson Fittipaldi en 1984. "Emmo" est l'exemple même de la reconversion réussie, il remporte deux fois les 500 miles d'Indianapolis (89 et 93) et le titre IndyCar en 1989. Malheureusement, après un violent accident au départ au Michigan en 1996, Fittipaldi était contraint d'arrêter sa carrière, à presque 50 ans.

Rayon champions du monde de Formule 1, le début des années 90 nous a amené Nelson Piquet aux 500 miles d'Indianapolis en 1992. Mais le Brésilien n'aura jamais vu le départ de la course, après un terrible accident lors des essais, il part en tête-à-queue dans le virage 4 avant de taper le mur par l'avant. Le choc fut d'une telle violence que la tête de Piquet a même percuté le mur de béton.

Avec des chevilles et des pieds en bouillie, il est tout de même revenu en 1993, se qualifiant 13e mais terminant au 32e rang après une casse moteur.

La même année, une arrivée à fait grand bruit, c'est bien sûr celle de Nigel Mansell, champion du monde de Formule 1 en titre, arrivé à plein temps en IndyCar avec le Newman/Haas Racing. Et il n'a pas raté son entrée, remportant sa première course dès le début de saison, à Surfers Paradise, avant d'aller cueillir le titre en fin d'année. Seule déception pour lui, les 500 miles d'Indianapolis, qu'il aurait pu remporter sans une erreur lors d'un restart, qui a laissé passé Arie Luyendyk et Emerson Fittipaldi, vainqueur.

Mansell tenta de défendre son titre en 1994 sans succès avant de repartir vers la Formule 1 pour quelques piges.

Toutefois, depuis la séparation CART/IRL de 1996, nous n'avons plus le loisir de voir d'anciens champions du monde tenter leur chance de l'autre côté de l'océan et ce sont plutôt des pilotes voulant relancer leur carrière qui viennent ces temps ci. Par exemple, dans ceux qui ont participé à la saison 2011, on pouvait retrouver :

- Ryan Briscoe (ex-pilote d'essais Toyota écarté du programme F1 fin 2004)
- Justin Wilson (pilote Minardi et Jaguar en 2003)
- Tomas Scheckter (ex-pilote d'essais Jaguar écarté pour avoir été accusé de flirter avec des prostituées)
- Giorgio Pantano (pilote Jordan en 2004)
- Takuma Sato (pilote Jordan en 2002, BAR en 2004-05 et Super Aguri de 2006 à 2008)
- Sébastien Bourdais (pilote Toro Rosso en 2008-09)
- Scott Speed (pilote Toro Rosso en 2006-07)

Heureusement, le test de Rubens Barrichello nous montre que l'IndyCar peut encore se montrer attractive avec des pilotes ayant été performants en Formule 1, Barrichello ayant remporté de nombreuses victoires, mais surtout, c'est l'arrivée d'un pilote en âge de pouvoir se dire "j'en ai fini avec la F1" et non pas un jeune essayant à tout prix de trouver une place dans un championnat.

Et il faut s'en féliciter.

 

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Départ dans : jours, hmins

Commentaires : Michaël Duforest

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